Oman Désert Marathon, du Trail au Pays de l’Or Noir…

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165km, 5 étapes, autosuffisance, www.marathonoman.com

—– Oman Désert Marathon, J1.

16km, début en douceur…. Départ de la ville, puis palmeraie, puis piste sableuse au milieu des dunes, avant de les traverser pour les 3 derniers km. Peu couru depuis le Japon, ici c’est la reprise, un stage d’entrainement… (Cure amincissement incluse)… Départ cool, 9ème au 1er CP, puis remontée à la 6ème place, sans forcer. Devant c’est du lourd, El Morabity, Al Aqra, ça tartine…. Demain la séance sera plus longue, 42km, tout dans le sable, piste et dunes. Il fait chaud, mais c’est correct. Et a 25 coureurs pour cette 1ère, c’est cool…

Après-midi, Leçon Jordanienne de sacs à dos désert. De bonnes idées à apprendre de Salameh Al Aqra, vainqueur du Marathon des Sables 2012. La prochaine version en tiendra compte.

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—– Oman Désert Marathon, J2.

42km, beaucoup de sable, et un plateau aride pour finir entre les troupeaux de chameaux. 6eme, comme hier, presque 5 heures. Le fait du jour, c’est l’absence du CP3, le bédouin prévu au CP3 trouvait qu’il faisait trop chaud pour rester là, tu m’étonnes… J’ai marché quelques kilomètres et fait une pause 5mn allongé, puis un 4×4 est passé ravitailler.  Pas bien grave, mais fallait pas se mettre dans le rouge sans eau sous cette chaleur.

Arrivé au bivouac à midi, les tentes ne sont pas montées, mais nous avons 3 tapis à l’ombre sous un arbre, un point d’eau pour de rincer entre les chameaux qui viennent boire. Tout dans notre sac, une orange, du petit bois pas loin pour faire une infusion des pères Chartreux… Que demander de plus

Le dernier test avant commercialisation des R-Stab-Fit est concluant. 42km avec ces « miniraquettes »  sur ce terrain sablonneux et ces dunes m’a permis de constater la stabilité supplémentaire plus c est sableux, sans être gêné sur le dernier plateau aride.

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—– Oman Désert Marathon, J3.

30 kilomètres au programme, roulants cette fois-ci. Je fais l’étape sans forcer, tout en endurance. Même sans forcer, le soleil tape et le sac pèse encore malgré 500gr de moins consommés chaque jour (2 plats lyo, 1 dessert et 1 petit-déj lyo, 3 gels, 2 barres, et 1/2 mini-sachet de Haribo).

8eme de l’étape, je régresse aujourd hui, plutôt les autres progressent. Deux spécimens… Evgueni, champion d’Ukraine de 100km (6h50 !), qui découvre le désert, sac un peu lourd, sans guêtres, a fini au-delà de la moitié hier. A nouveau parti avec les premiers, mais a fini 3eme aujourd hui.  Sammy, Omanais de 19 ans, avait fait des semi et s’est retrouvé « là ». Premier jour pour essayer, sans sac, 3ème, « facile et normal »… Il rempile, deuxième jour avec un sac… d’écolier ! Le sac fait le poids, il est toujours top 5. Troisième jour avec un sac récupéré d’un abandon, il est toujours là… Respect.

Parcours varié, passage sur le bord d’un village, parcs à chameaux tout le long de la vallée, troupeaux de temps en temps. En soirée, ballade perso en haut de la dune qui domine le bivouac, champ de dunes à perte de vue… Tous les midis pâtes lyo, le soir aligot ou tartiflette (lyo). Demain un nouveau marathon…

L’Iphone fonctionne toujours. Avec seulement 95 grammes, le panneau photovoltaïque Raidlight Désert Solar 2.5W est parfait (bientôt en vente). Souple, il s’intègre facilement sur les sacs à dos, et charge toutes  les batteries avec sa sortie USB. Travaillés avec la start-up Dracula Technologie, son poids rapporté à sa puissance sont haut de gamme. Top !

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—– Oman Désert Marathon, J4

Marathon.

Après 3 jours d acclimatations et d’entraînement, je suis motivé au départ de cette journée qui s’annonce difficile avec deux passages de dunes. Motivé, acclimaté. Même si je suis ici à l’entraînement, mon vieil ami Mustapha Ait Amar avec qui nous nous tirions déjà la bourre il y a 10 ans au Marathon des Sables, est repassée devant moi hier de 1 minute. Mustapha. Alors je pars dans le premier peloton, sachant que devant il y a la fusée Ukrainienne pour faire le départ (et finir 3ème aujourd’hui, il progresse), et El Morabiti et Al Aqra. 10ème km en 45mn, 12km/h, puis 20ème en 1h35mn, sur terrain sablonneux, c’est pas mal c’est les allures MDS… J’ai 2 poissons pilotes devant moi : Sammy l Omanais, et … Mustapha. 4km de belles dunes au 20ème, piste sablonneuse, puis 3km de dunes pour plonger sur le bivouac. Au 28ème Mustapha faiblit, je le passe. Sammy est toujours 50 mètres devant…. Je la rattrape au 35ème, mais ils costaud dans les dunes et reprends une minute. L’arrivée est à la sortie des dunes, j’ai l’impression de descendre une piste bleue dans la neige, à moitié damée où il les 4×4 sont passés, poudreux hors-piste…. 3h19 pour finalement 38km, en pleine forme. Je repasse 5ème. Demain reste 30km, et Mohamed le Jordanien n’est plus qu’à 15 minutes…. On verra demain, place à la sieste sous un arbre, face aux dunes.

Oman c’est les confins de péninsule arabique, territoire des bédouins en robes blanches et chèche rouge et blanc pour coiffure. Producteur de pétrole, les 4×4 sont rois… Le tourisme est tranquille, confortable, accueillant, la Perle de l’Orient, le Royaume oublié comme dit la pub… Agréable fin d’après-midi avec le rituel du thé, une demi-douzaine d’épices, thé, sucre, tasses en porcelaine sortent du sac. Feu de bois, musique improvisée, cela semble leur quotidien…

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—- Oman Désert Marathon, J5.

Dernier jour, 30km.

Je me fixe comme motivation d’essayer de reprendre les 15mn de retard sur le Jordanien. 15 minutes en 30 km, ce n’est pas évident, et il ne faut pas perdre 1km… Ainsi je pars assez vite, et au bout de 5km, j’estime mon avance dans les temps… Le parcours est aujourd hui très roulant, 30km de piste, tantôt sablonneuse, tantôt dure. Il fait 40•C, mais je me suis acclimaté.

A 12km/h, 130km dans les jambes, et encore 3kg sur le dos, je suis à bonne allure de croisière. Je crois rattraper au 20ème Sammy l Omanais, je suis revenu à 12 secondes, mais il s’échappe encore et me prendra presque 5 minutes en 10km ! Pour un jeune coureur qui n’avait jamais fait plus d’un semi-marathon, il aura très bien géré ! Je ne me décourage pas, et je garde le rythme: à bloc !

Aujourd hui musique (Iphone), avec les musiques de film. Le paysage et l’effort s’accordent bien avec Star Wars, Rocky, Pirate des Caraïbes… ;-). Chaque ligne droite est longue, chaque mètre il faut trouver le terrain le plus portant. Je ne relâche quasiment pas, concentré sur mon effort, concentré sur « mon Jordanien ». Encore 1km, encore  100m: ne rien lâcher… Enfin l’arrivée, heureux, content de ma journée pile à 12km/h : 1:29mn46s pour 30.5km.

Devant moi toujours les mêmes, y compris l’Ukrainien, et Sammy.

Dix minutes sont passées quand je vois au loin Mohamed. Ça va être juste. Il se rapproche, il lui reste 20  secondes et 200 mètres, ce sera juste, trop juste pour lui ! I did it !

Ce contre la montre sans réelle importance m à surtout fait plaisir de voir que même sans entrainement depuis 1 mois j’ai quand même retrouvé une forme correcte après ce  « stage ». 4ème au général: bien payé avec 3 jours cool…

J’aurais quand même aussi bien travaillé avec du test de matériel, l’écoute des clients (Raidlight le plus représenté en sacs à dos), et 4 pages de notes et réflexions.

Retour à l Arabian Oryx Camp. Je partage la chambre avec Sammy. En fait il n’a pas de valise : tout est dans son sac de course : maillot, survêt, et voilà. Il est venu comme ça, il avait lu un article dans le journal sur cette course, avait téléphoné et avait été invité, le seul local motivé. Il veut entrer dans l’armée et court 6 jours sur 7. Personne chez lui ne comprend vraiment cette envie de courir : je lui dis que c’est à peu près pareil pour nous aussi ! La discussion dans le 4×4 est sympa, avec Sammy, et Evgueni l’Ukrainien, prof de sport. Il y a cette course au fin fond d’un désert qui nous aura rapprochés, voilà aussi pourquoi nous avons plaisir à courir…

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—- Epilogue.

La course terminée, restent deux journées touristiques avant le retour, et une remise des prix très officielle qui démontre l’ambition de cette course pour les prochaines années. Avec une dizaine de nationalités, la  course était on ne peut plus internationale. Beaucoup de respect de la part des autorités locales, peu habitués au Trail mais qui en mesurent l’effort et de la passion, et beaucoup de respect des coureurs de leurs accueil et de leurs traditions.

Chacun repart avec les yeux et le cœur charmés de l’ambiance et des  paysages du Sahara Arabique (Sahara signifiant « désert »). Un nouveau voyage se termine, avec de belles rencontres et de nouveaux amis, Omanais, Jordaniens, Ukrainiens, Marocains, Français… rencontrés dans l’effort et la simplicité de cinq jours de  bivouac. Sans l’Oman Désert Marathon, je ne serais certainement pas venu voyager à Oman, découvrir cette culture différente, sur les traces de Tintin au Pays de l’Or Noir, et boite le thé avec les bédouins arabes… Sammy, je jeune Omanais venu humblement courir ce qu’il croyait un simple marathon, et qui me disait que personne chez lui ne comprenait pourquoi il court, n’est pas prêt d’oublier ces moments. Honneur d’une photo pleine page d’un journal national bien méritée au vu de son adaptation, de sa performance, de son courage, de son humilité.

L Oman Désert Marathon est bien né, bien organisé, chaleureux, et va devenir une grande course les prochaines années à n’en pas douter… Le 1er Oman Desert Marathon est fini, vive dès maintenant le 2ème l’an prochain, du 7 au 14 novembre 2014.