Partager l'article ! Raidlight Trail Trophy : Victoire à domicile.: Quel privilège de pouvoir courir la course que l’on organise, et de pouvoir en plus la gag ...
Quel privilège de pouvoir courir la course que l’on organise, et de pouvoir en plus la gagner… Comme au Défi de l’Oisans, je dois ce privilège à la formidable équipe d’organisation qui peut se passer de moi le temps de la course (durant la course, je n’ai pas de responsabilité dans l’organigramme). Donc merci aux bénévoles de SMAG, Raidlight, Marlhes, Véranne, Saint-Régis, et de Raidlight pour me permettre ce privilège…
Le parcours était déjà bien pourvu en neige hier, avec plus de 30cm de neige dure, roulante et très verglacée par endroit. Puis la neige est tombée hier soir, 5cm, mais à l’horizontale. Et ce matin, le soleil était là, sur un paysage blanc de blanc, avec vue sur les Alpes et le Massif Central : extraordinaire. De quoi accueillir au mieux nos 1.200 hôtes du Raidlight Trail Trophy pour courir les 42km / 22km / 11km.
Normallement je n'ai rien à faire, mais je ne peux m'empécher de superviser
les détails de la mise en place avant le départ. Tout se goupille à la minute, l’arche arrive en retard, mais est montée 3 minutes avant le départ…
Ma course :
Ma tactique de départ : attendre sagement la mi-course dans le groupe de tête.
Résultat : au premier kilomètre à la sortie de Marlhes j’ai pris la tête, et au sommet de la première bosse cinq cent mètres plus loin, j’ai 50 mètres d’avance... Qui m’aime me suive, mais personne ne veut partir avec moi. Alors allons-y quand même… Je n’attaque pas, je fais ma course, pour 42km, sans m’occuper des autres. Et je trouve ça bien d’être « tranquille » devant : premières congères je marche, puis je relance quand il faut, ralentit, marche, recours… comme je veux. J’imagine en groupe l’énervement, la bousculade à chaque congère, doubler dans le bazar…
Parce que pour moi, dans la neige, il ne faut surtout pas s’énerver, et savoir varier le rythme en fonction du terrain. Quelques congères sont sévères avec de la neige à mi-cuisse, je marche en posant bien les pieds dans ceux du gars qui a rebalisé une heure avant. Je ne pense pas laisser beaucoup de jus à « faire la trace » par cette méthode, les dix gars derrière n’auront pas bien mieux que moi.
Je prends du plaisir, j’y vais comme il faut, sans me mettre dans le rouge. Arrivent
les bosses de Chaussitre, mon terrain d’entraînement. Montée en rythme. Grosses de grosses congères au sommet, premières pelles, ne pas s’énerver… Je reste dans le balisage, et je vois que le
groupe derrière est sortie à quelques mètres de la trace et que ça va mieux pour eux, j’en fait de même (je me cantonnais à bien être dans le balisage pour ne pas faire mauvais genre sur
« mon parcours »). Je gueule quand même sur un gars qui lui est carrément à 100 mètres plus à gauche de tout le monde, qui court comme un lapin, qui gratte tout le monde san honte,
et qui en plus va gratter 200 mètres du parcours au prochain virage… Et encore il répond à distance « qu’il ne peut pas savoir où il va »: et le balisage, et tout le monde
dans la trace sauf lui, ça ne le dérange pas de gruger allègrement…
Enfin bon. Ca descends, ça remonte, ça patine un peu, mais ça avance sur cette neige assez « sèche »… Descente de Chaussitre, point d’eau, normalement après ça va rouler dans le sous-bois glacé : et non… dans le bois la neige a humidifié la croute de glace, et on passe au travers… Même les pistes roulantes de ski de fond… ne sont pas roulantes. La descente ira surement mieux : neige à mi-cuisse par endroit… Quand à la remontée et au passage « trappeur » ( 500 mètres hors chemin à travers la forêt), la neige est croutée, et ça enfonce à chaque pas… J’ai la forme, personne derrière mais ça n’avance pas bien vite.
Décision de raccourcir le parcours :
Au 25ème km, je regarde ma montre: il est déjà 12h30! on avait mis la
barrière horaire au prochain ravito à 13h00 !!! Plus bas, je vois que certains bénévoles ont plié les gaules vu le timing qui a deux heures de
retard (on en a de toute la France), et je me rappelle aussi la météo qui doit tourner en fin d’après midi. Si la course continue pour 42km, on aura 25 classés, et 250 non classés… Si j’étais en
dehors de la course, la décision de bifurquer vers l’arrivée serait clairement oui, je n’hésiterais pas une seconde.
Là le cas de conscience est que je suis en tête, et que ça peut être mal interprété ! Pourtant j’ai une bonne avance, j’ai fait la trace depuis le début, je suis frais parce que moi aussi
j’ai géré jusque là pour 42km pour avoir du jus sur la boucle suivante qui devrait être « plus roulante ».
Mais je vois le bazar que cela a été la semaine dernière à Font-Romeu avec un maximum de non-classés. Le directeur de course n'est pas là, il gère la course des coureurs de tous les niveaux, et c'est bien comme cela que nous voyons les choses chez SMAG (je le préfère à St-Régis un peu plus tard pour gérer un rapratriement médical que sur l'avant de la course en permanence). Je sonde le chef de poste du ravito qui me dit qu’au point d’eau 10km derrière beaucoup étaient déjà épuisés. Son adjoint me dit que ce serait une sage décision, vu l’heure et le retard de deux heures. Personne ne veut prendre la décision : je la prends, je décide qu’il faut shunter la dernière boucle et rentrer directement.
Je rappelle mes motivations :
- nous avons 2 heures de retard sur le planning à cause de la neige pourrie qui n’était pas prévisible puisque tombée hier soir de nuit, et qui a modifié toute la configuration depuis le balisage. (nous avons aussi repoussé le départ de 15 minutes suite aux conditions de route difficle pour rejoindre Marlhes ce matin).
- cela engendrerait de mettre hors course les ¾ des coureurs
- certains bénévoles n’ont pas la disponibilité de rester 3 ou 4 heures de plus que prévu (et oui, ce sont des bénévoles… Merci à eux d'être déjà là). Sans compter la non-disponibilité éventuelle de la sécurité civile, et du médecin.
- La météo est incertaine en fin d’après-midi (voir le bulletin météo d’hier soir).
Alors je choisis avant tout la sécurité, et en second lieu la satisfaction du maximum de coureurs. J’ai ma conscience pour moi, et je laisse les « qu’en dira-t-on » de coté (de toute façon, qu’on fasse blanc ou noir, il y en a toujours pour donner des leçons stériles). Était-ce de ma responsabilité ? Je suis président de l’association organisatrice: en cas de problème ou d’accident, « on » (justice, gendarmerie) saura bien venir me trouver des responsabilités, donc je les prends en mon âme et conscience.
A l’arrivée, je questionne les coureurs dans les dix premiers, et je n’entends qu’un seul commentaire : sage décision… J’entends aussi que chacun aurait géré sa course différemment s’ils avaient su. Oui moi aussi si j’avais su, mais j’ai vu et analysé cela au 25ème km. Aussi, si on avait su que la neige avait tourné comme ça suite aux chutes d’hier soir, on aurait pris cette décision avant le départ.
En tout cas, même si la décision a été tardive, tous les coureurs ont fait la course sur un pied d’égalité sportive.
info ajoutée le 27/01 au message initial : info que j’ai eu ce matin au sujet de la sécurité : à 15h05, le médecin embauché sur la course a annoncé qu’il devait partir
comme convenu (à 15h00), parce qu’il avait autre chose derrière. Il restait 1 concurrent sur le circuit qui est arrivé 5 minutes après.
En tant qu’organisateur (moi ou un autre), je n’aurais pas ""aimé"" qu’il reste 50 ou 100 concurrents exténués dans la nature alors que le médecin partait, comme convenu dans son
contrat).
L’arrivée victorieuse.
Reste cinq kilomètres en single track, les dépassements des concurrents du 22km
sont un peu laborieux, pas facile dans la cote bien raide de dire « pardon excusez moi je souhaiterais vous doubler »… Je n’ai personne derrière, j’essaye de ne pas trop bousculer (je
prie ceux que j’aurais bousculé de m’excuser). Je franchis donc la ligne en vainqueur. Content, comme après un bon travail d’accompli. Mais je n’ai pas encore le temps de savourer, l’organisateur
reprends le dessus, superviser les classements, la remise des prix, la presse…
15h10 : le serre-file arrive avec les derniers, c'était l'horaire prévu.
16h30 : enfin la bière et la tartiflette !
Maintenant repos après cette « campagne hivernale », et cap sur
l’ECO-Trail de Paris (80km avec arrivée au 1er étage de la Tour Eiffel). Après une dizaine de jours de récup, je prévois 6 semaines d’entrainement hybride 100km / Trail. Si le moteur
est toujours là : motivation et plaisir.
| Clas | Nom | Prénom | temps |
| 1 | LAVAL | Benoît | 03:34:21.63 |
| 2 | MAJEWSKI | Alexandre | 03:38:06.12 |
| 3 | ANTOLINOS | FABIEN | 03:38:50.63 |
| 4 | GUICHARD | GILLES | 03:38:58.57 |
| 5 | BOUTES | Fabrice | 03:39:00.52 |
| 6 | VIERDET | Damien | 03:39:52.96 |
| 7 | PELISSIER | FABIEN | 03:40:53.30 |
| 8 | JOUVANCE | Stephane | 03:40:56.24 |
| 9 | BEUZEBOC | Laurent | 03:44:47.64 |
| 10 | GAULT | Emmanuel | 03:45:31.14 |
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